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Domestic(s) : Regard sur le monde Pavillonnaire

responsable isdaT

Nathalie Bruyère, Joseph Almudever

responsables scientifiques pour le LISST-cieu

Responsable projet Marie-Christine Jaillet, Directrice de Recherche CNRS
Avec Fabrice Escaffre, Chercheur, Enseignant.
Centre Interdisciplinaire de Recherches Urbaines et Sociologiques
Université Toulouse — Jean Jaurès associé au CNRS (umr 5193)
Suivi projet Guillaume Janot et Bertrand Lamarche.


Qu’il s’agisse de l’espace construit qui l’identifie ou de l’objet qui le qualifie, le domestique est au centre des enjeux politiques, économiques, industriels et sociaux ; mais aussi au cœur des préoccupations esthétiques, formelles et psychologiques, des modes de vie, de l’écologie humaine, des structures industrielles. Ce sont les composantes invariables d’une politique de l’habitat et de l’objet dans une culture qui ne cesse de construire, mais aussi d’oublier. L’espace domestique, par sa banalité mais aussi par son exception, interroge le quotidien en codifiant notre rapport au monde, de la maison parentale à la « dernière » demeure.

Si le designer emprunte au quotidien, c’est bien qu’il y a là les ferments d’une réflexion globale où s’articulent les questionnements sur la réalité vécue, ses codes et ses symboles. Les questions liées à la gestion des ressources, l’altération des relations humaines qu’engendrent les mutations économiques et les continuelles évolutions de la technologie nous mettent dans l’obligation d’investir de nouveaux axes de recherche, de proposer de nouveaux codes, d’envisager des prospectives critiques liées à ces situations nouvelles afin de penser des espaces et des objets qui puissent répondre aux inquiétudes qui se dessinent et concevoir des territoires innovants que l’on puisse s’approprier.

Le design se constitue comme un lieu d’étude et de recherche ayant pour objet de questionner les espaces et les objets du quotidien par une méthodologie partant de l’individu pour extrapoler à l’habitation, à la ville. C’est une manière de concevoir le quotidien qui inclut et dépasse la production industrielle des standards pour inventer les conditions d’existence de la société. Réaffirmer l’indissociable relation qui existe entre l’espace et l’objet, dans leur réalité physique comme dans leur conception permet de mettre en place un travail pluridisciplinaire entre les enseignements du design et les champs de recherche du LISST-cieu.


Problématique

Le cadre sera celui d’une ville contemporaine se caractérisant par le développement de nouvelles morphologies sous l’effet de nouvelles aspirations, transformations sociales et de nouvelles technologies. Si la ville classique comme la ville industrielle se sont organisées à partir d’une concentration sur un territoire restreint à cause des ressources matérielles nécessaires à la vie quotidienne et à celle des hommes, les obligeant à « cohabiter » et à pacifier leurs frottements ; la capacité donnée à chacun de se déplacer librement et facilement, « automobilement », a largement contribué à transformer la condition urbaine. Il est possible désormais de s’abstraire de la contrainte de la proximité. Chacun peut choisir de vivre où il veut et avec qui il veut selon ses moyens. L’explosion de la mobilité et la compétence désormais acquise par chaque individu de se déplacer librement a élargi l’horizon des vies. On peut désormais travailler en ville et habiter à distance de son lieu de travail, utiliser « à la carte » les aménités équipements et services sur un territoire toujours plus large. Si la ville continue à se fabriquer par renouvellement sur elle-même, elle se fabrique de plus en plus à ses périphéries, par extension de tissus toujours plus lâches et discontinus. Cette périurbanisation, ou ce que d’aucuns ont appelé cette « exurbanisation », participe à la transformation morphologique de la ville qui n’est plus seulement la ville dense, compacte et dessinée des siècles passés, mais qui est aussi une ville diffuse, « étalée », qui se fragmente socialement. Ville en miettes, structurée par la logique de l’appariement électif, elle n’obéit plus au modèle d’une centralité unifiée. Agglomération multi polarisée, elle étend désormais ses réseaux de plus en plus loin du cœur initial.

Cette urbanisation diffuse se fait pour l’essentiel sous forme pavillonnaire, la maison individuelle étant censée mieux répondre aux aspirations sociales que le logement collectif. Chacun aurait enfoui en lui le rêve de vivre dans une maison. Ce goût pour la maison individuelle viendrait du « fond des âges », inexorablement inscrit dans les gènes de l’humanité depuis l’abri ou la grotte préhistoriques. Il viendrait également du fond de l’inconscient : la maison reconstituerait l’enveloppe originelle dans laquelle tout individu aspirerait à se lover à nouveau. Ce désir inextinguible serait renforcé par la nostalgie de la maison rurale solidement enracinée dans l’inconscient de générations pour lesquelles les derniers paysans ne se trouvent qu’à un ou deux paliers généalogiques… Ainsi, vivre en maison individuelle relèverait quasiment des fondements anthropologiques de l’habiter. Plus prosaïquement, ce serait, aujourd’hui encore, l’espoir le plus largement partagé par les Français. Attesté par tous les sondages qui se sont succédés depuis 30 ans, il est cependant largement nourri par le fonctionnement du marché immobilier dont l’offre d’accession à la propriété pour les familles est d’abord une offre pavillonnaire. Mais quoi qu’il en soit d’une interprétation psychanalytique ou plus « économique » de l’engouement pour le pavillon, un nombre de plus en plus important de ménages vit en maison individuelle et celle-ci offre à celui qui y habite un certain nombre de « garanties » devenues nécessaires à l’aune de la société contemporaine.

La maison suppose par essence un terrain qui servira de cadre à celle-ci. Généralement la parcelle adéquate permettra d’y pratiquer toutes les activités ludiques proches de la nature : jardinage, cuisine d’été, piscine, jeux pour les enfants, etc… Lieu de médiation avec les voisins (rencontres ou conflits ) la clôture est la frontière claire du chacun chez soi. Cette demande traverse pratiquement toute les couches sociales de la société.

Chacun, selon son statut social, son niveau de ressources, ses préférences pour un environnement citadin, rurbain ou campagnard est assuré d’en trouver une à « sa mesure » et de vivre dans un environnement social et avec un voisinage qui lui ressemble, protégé d’une trop grande différence ou d’une différence qui viendrait l’inquiéter ou qui supposerait de sa part un trop grand effort pour être surmonté. Le monde des lotissements pavillonnaires se caractérise donc par une forte « endogamie sociale » dans le peuplement de ses « alvéoles » et met à l’abri des aléas d’une cohabitation non choisie avec l’autre dès lors qu’il est décrit par sa différence. Qu’il s’agisse d’une réalité objective ou simplement d’une représentation, l’immeuble, toujours associé à la ville dense, ne donne pas cette même assurance. Il fait (ou est supposé faire) courir le risque d’intrusion d’un voisinage obligeant à se confronter avec une trop grande différence et avec ce que celle-ci est supposée comporter de « risques » et demander d’efforts, d’apprentissages et d’accommodements.

Il semble de plus en plus évident que, pour une grande part des ménages ayant acquis une maison individuelle, ce choix correspond moins à la recherche d’une installation et d’un enracinement quasi définitif qu’à une étape dans leur cycle de vie : celle où ils sont en charge d’enfants jeunes à élever et à éduquer. L’offre pavillonnaire répond alors à leur besoin d’espace, de tranquillité, de commodité, de protection du groupe familial, fut-ce au prix d’une charge de déplacements automobiles très lourds pour les ménages qui s’installent dans des tissus urbains peu denses et des périphéries urbaines sous-équipées en transports en commun performants : ils doivent assumer la mobilité de chacun des individus qui composent la famille et qui n’ont pas la capacité de se déplacer de manière autonome (en particulier les enfants qui n’ont pas l’âge de disposer d’un véhicule motorisé, scooter ou voiture, et qui transforment les parents en « taxi » pour satisfaire à leurs amitiés et activités).

Les études menées dans les années 1980 avaient permis de vérifier que l’accession à la propriété non seulement constituait, dans de très nombreux cas, l’aboutissement d’une trajectoire de vie mais exposait aux yeux de tous, y compris de soi-même, la réussite sociale. Elle requérait de la famille une « mobilisation » qui n’était pas seulement d’ordre financier. Le « projet pavillonnaire » était alors fortement investi symboliquement, avec plus ou moins d’intensité selon les groupes sociaux. Il s’agissait d’acheter, de faire construire, ou de construire, sinon la maison de ses rêves, du moins une maison « à son goût » et susceptible de donner à voir au passant, par le choix d’éléments de décoration ou de matériaux, quelques signes tangibles de sa propre histoire (de la « roue de charrette » accrochée en façade à la « cigale » posée sur un mur en passant par l’attribution à sa maison d’un nom évocateur) et de son statut (ainsi des soubassements en « pierre de taille » ou du travail du fer forgé pour le portail et la clôture). Inséparable de l’idée de progrès social, la maison permettait tout à la fois de se distinguer socialement, en accédant à un mode de vie qui n’était pas permis à tous, et de matérialiser une ascension sociale et professionnelle. Venant couronner une histoire et un parcours, elle en constituait une sorte d’accomplissement. Elle comportait également une forte dimension patrimoniale impliquant l’idée de sa transmission à la génération suivante, soit pour qu’elle l’occupe, soit pour qu’elle dispose d’un capital lui permettant à son tour de s’installer.

Si accéder aujourd’hui à une maison reste l’horizon du plus grand nombre, en revanche la diffusion de l’habitat pavillonnaire et de la propriété du logement dans la société française en ont modifié le sens, de manière plus accentuée dans les couches supérieures et moyennes (là où elle s’est particulièrement diffusée) que dans les strates sociales plus modestes où elle reste sans doute encore un signe de distinction sociale, dont l’acquisition requiert alors toujours de leur part une forte mobilisation. Mais « l’effort » à consentir (qui suppose une gestion du budget familial rigoureux et économe) est sans doute plus difficile à supporter aujourd’hui que par le passé, du fait par exemple de la pression plus grande exercée par les enfants pour accéder aux biens de consommation qui constituent autant de signes d’appartenance et d’intégration à leur classe d’âge.

La première ligne de changement porte sur la désacralisation de la maison ou, en d’autres termes, sur sa banalisation. Elle paraît de moins en moins constituer l’aboutissement d’un itinéraire résidentiel ou devoir attester une réussite sociale. Elle témoigne surtout de la volonté de s’installer, dès que possible, dans ce qui est décrit comme une sorte de normalité sociale. Ce processus de banalisation n’est pas sans rapport avec la croissance de la mobilité professionnelle, l’allongement et le séquençage accru du cycle de vie qui nécessitent des déménagements plus fréquents, impliquant donc des allers-retours entre maison et appartement, ou entre location et accession à la propriété. Dès lors, la dimension patrimoniale de la transmission s’amoindrit et se réduit à l’espérance d’un bon placement pour soi, une manière de « ne pas jeter par la fenêtre » l’argent du loyer et de se constituer un « capital ». Pour autant, cette banalisation ne remet pas en cause la dimension idéologique de l’accession pavillonnaire dans la fonction qui lui est prêtée d’accomplissement d’une « plénitude familiale ». Elle n’est pas non plus incompatible avec la recherche d’une singularité.

L’opposition entre des liens forts qui caractérisaient l’intimité familiale — la maison était alors décrite comme un cocon permettant de ressouder la famille — et des liens faibles qui caractérisaient les rapports avec ce qui n’était pas la famille, dont le voisinage, ne structure plus autant que par le passé la socialité pavillonnaire. Ainsi, sans que pour autant ne disparaisse la figure de la maison « foyer protecteur de la famille », ce qui organise désormais bien davantage les discours et les pratiques, est le souci de la préservation à tout prix de l’autonomie personnelle. Entendons ici la liberté et la possibilité données à chacun de pouvoir régler en permanence sa distance à autrui, de pouvoir maîtriser la fréquence, l’intensité et le moment de ses relations. Cela vaut au sein du groupe familial, entre membres du couple, mais également pour chacun des enfants. Et c’est pour cela qu’il faut disposer d’espace et d’une certaine plasticité de cet espace, afin que chacun ait son lieu, puisse accéder à des « coins » et « recoins » qui lui permettent de s’isoler du groupe et de vaquer à ses occupations, de mener les activités qui lui conviennent, de choisir de se rapprocher des autres ou de s’en tenir à distance. Certes, l’appartement en ville n’interdit pas cette autonomie ou cette possibilité de mettre à distance, mais il paraît la favoriser moins que la maison individuelle. La surface des appartements est plus réduite, la destination des pièces davantage prescrite, les mouvements de chacun y sont plus visibles ainsi que les entrées ou sorties.

Cette nécessité de mettre à distance vaut également pour les relations avec les voisins. En lotissement, la relative proximité physique n’oblige à rien. Cette possibilité donnée à chacun de maîtriser ainsi sa distance à autrui est la condition nécessaire pour avoir de « bonnes relations » non seulement à l’intérieur de la famille, mais également avec l’entourage immédiat. Dans l’univers pavillonnaire, les relations de voisinage obéissent à un code précis : le voisin n’est pas l’ami, on ne le « « fréquente » pas. Tout au plus on lui rend des services. Pour les pavillonnaires, la tranquillité sociale que produit le respect par le voisinage de ce code de « bonne conduite » distingue le monde de la maison individuelle et en fait toute la valeur. La maison individuelle apparaît bien comme le meilleur opérateur du bon équilibre entre distance et proximité.

Cette « meilleure » conformation de la maison individuelle au principe d’autonomie avait déjà été largement soulignée par les travaux de l’ISU. Sans doute que depuis, l’exigence d’autonomie et de maîtrise de son environnement social s’est accrue, à hauteur de l’aspiration à des « modes de vie à la carte » au fur et à mesure que l’individuation poursuit son chemin, à hauteur également des contraintes plus fortes qui pèsent sur les individus dans l’univers du travail. Il y est devenu plus difficile de garder sa distance ou de se mettre à distance, tant l’impératif qui le caractérise est celui de l’implication. À l’évidence, l’affirmation de l’individuation comme un principe constitutif du fonctionnement des sociétés contemporaines fait de l’univers pavillonnaire un élément de la modernité. C’est sans doute moins désormais au monde rural qu’il emprunte ses références qu’à celui de « la société des individus ».

 

Objet de la recherche

Dans cet univers, nous faisons le choix de nous intéresser à deux sous espaces :

  • Celui du garage, parce que l’observation montre qu’il sert à bien d’autres usages qu’à celui auquel il est initialement destiné : abriter la voiture qui dans de nombreux lotissements finit par « dormir » dehors ou induire la construction d’une annexe. Il est souvent un espace annexe, débarras voué à accueillir les « rebus », ce qui ne trouve pas place ailleurs. Il peut aussi devenir l’espace voué au bricolage. Il est parfois transformé en pièce supplémentaire. Bref il semble être dans le système pavillonnaire, un espace adaptable plastique, susceptible de se transformer. Et ce sont bien ces transformations, ces réaffectations qui appellent à être observées.
  • Celui du jardin, parce que lui aussi, d’une autre manière, est constitutif du modèle pavillonnaire. Il est de moins en moins un espace productif. Il n’a plus autant que par le passé de fonction ornementale, sorte d’écrin qui viendrait mettre en valeur et en scène la maison. Il a avant tout une fonction d’agrément pour les enfants. Il remplace avantageusement le square ou le balcon. Il permet également un contact individualisé à la nature et la possibilité de se tenir à la fois « au-dehors et chez soi ». Le jardin devient alors un « coin supplémentaire », une « pièce à vivre les beaux jours », sorte de prolongement à l’extérieur de la maison. Nombre de pavillonnaires entretiennent avec lui un rapport ambigu, lui reconnaissant certes une valeur d’usage, mais en décrivant aussi les contraintes d’entretien, au point que certains finissent par le « daller » ou le « bétonner » pour n’avoir plus à le tondre. Il sert aussi d’espace tampon, voire, il peut être considéré comme un véritable « glacis » : aussi petit soit-il, il permet de mettre à distance le voisin, de choisir de l’ignorer ou au contraire de le voir. Le jardin, dans son aménagement comme dans son utilisation, appelle donc des observations fines.1

La collaboration portera sur l’analyse commune de ces deux sous-espaces dans un certain nombre de lotissements situés dans l’agglomération toulousaine, permettant de mettre en commun et de confronter des méthodes d’observation et d’analyse. Comment construire ensemble à partir de postures théoriques et méthodologiques qu’on supposera complémentaires une lecture fine de la sémiologie et des pratiques de ces espaces ?

Cette observation mobilisera, outre des enseignants-chercheurs du LISST-Cieu et de design de l’isdaT, des étudiants à l’UT2J en master 2 « habitat » et à l’isdaT en design années 4 et 5.


Une méthodologie à la carte

Elle nécessitera au préalable la tenue d’un certain nombre de séminaires :

  • Théoriques : permettant une mise à niveau des connaissances, un partage des savoirs disciplinaires et des problématiques (touchant aux modes de vie, aux stratégies résidentielles, et aux rapports à l’espace pour les savoirs apportés par le LISST-Cieu, touchant aux milieux, aux rapport à l’usage et aux objets dans leur diversité pour le design.
  • Méthodologiques : permettant l’apprentissage, pour les étudiants de l’isdaT, des techniques d’entretien et d’enquête sociologique, et pour les étudiants de l’Université de Jean Jaurès, l’apprentissage de l’usage de la photographie à des fins d’observation et d’analyse et pas seulement à des fins illustratives, mais aussi à la forme comme traduction d’une pensée.

Pendant la durée de ce travail (dans la phase préparatoire comme dans celle de terrain) un atelier accompagnera l’observation afin de favoriser les confrontations et échanges.

La mise en place d’ateliers de travail communs sur des méthodologies spécifiques donnant lieu à des connaissances partagées, la proposition d’un atelier de recherche structuré sur l’élaboration de questionnaires, d’entretiens, de relevés d’ambiances par l’image, le son, la vidéo, en parallèle est nécessaire pour construire un travail pluridisciplinaire. Le terrain est la manière la plus directe pour que naissent réellement une base : le LISST-cieu écrit dans son rapport d’activité de 2003-2006 : « Sans enquête pas de droit à la parole » ; de même nous pourrions dire pour une école d’art : sans image, dans son sens le plus large (mesure, représentation de l’existant, mots, expérimentation etc…) pas de droit aux projets .

Il n’est pas ici question d’entretien et d’enquête qui donne lieu à un cahier des charges pour le design mais à re-interroger les regards sur le monde qui nous entoure de manière pluridisciplinaire et approfondi.

Nathalie Bruyère et Marie-Christine Jaillet

 


1. Le statut du jardin est probablement un des éléments de plus forte différenciation d’avec les travaux de l’ISU. De même que l’évolution du rapport des hommes et des femmes à la maison que nous ne développerons pas ici. Signalons cependant que là où les travaux de l’ISU avaient souligné une répartition très tranchée des rôles entre les hommes « voués » au bricolage et des femmes assurant la fonction de « fée du logis », chacun trouvant à s’exprimer dans un univers qui lui permettait de « se réaliser ». Aujourd’hui cette partition est infiniment moins marquée sans que l’on puisse pour autant en conclure à une indifférenciation des rôles, mais les femmes bricolent et les hommes s’impliquent dans la prise en charge des tâches domestiques. En tout cas, il n’y a plus vraiment d’enjeu d’identité pour les hommes et les femmes dans la prise en charge de ces activités.