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Dans les murs

isdaT beaux-arts

Sots Art, Andreï Erofeev

lundi 27 fév. 2017

lectures

18h30 — amphi A, isdaT beaux-arts

Entrée gratuite et ouverte à tous. Conférence organisée par les Amis du Printemps de septembre avec le concours de l’institut supérieur des arts de Toulouse.

« Le Sots Art, mouvement artistique le plus identifiable et spectaculaire en URSS à l’époque de Brejnev et de Gorbatchev, a transformé en profondeur l’art de son temps aussi bien que la conscience de la société jusqu’à influencer le contexte politique même. En inventant un « post-art » éclectique, il a su surmonter le modernisme. Les artistes du Sots Art ont appliqué les stratégies artistiques les plus osées de l’époque : l’appropriation, le pastiche, le jeu avec les notions d’idiotie et de fiasco, la performance comme moyen de provocation politique, la dissolution de l’auteur dans une suite de personnages fictifs. La puissance plastique de ces déclarations a ouvert la voie à la libération de l’esprit de l’homme soviétique de dogmes esthétiques et idéologiques communistes. Le Sots Art a ainsi préparé le fondement culturel à la dissolution à l’amiable du bloc soviétique. Il a été également le premier à prédire le retour du nouvel état russe vers une dictature, fondée sur la nostalgie de la grandeur impériale. » Andreï Erofeev, février 2017.

Andreï Erofeev est né à Paris en 1956 dans une famille de diplomates soviétiques. Diplômé de l’université d’état de Moscou en histoire de l’art à vingt-deux ans, il se spécialise sur le mouvement avant-gardiste russe de 1910 et obtient son doctorat en 1984. Également passionné d’architecture, il est chercheur à l’institut de recherche sur la théorie et l’histoire de l’architecture de Moscou entre 1982 et 1989. Parallèlement, à partir de 1983, il constitue la première collection d’art non-conformiste russe en URSS en vue d’en faire don à l’un des musées moscovites qui, à l’époque, ne sont pas autorisés à acquérir des œuvres de ce courant artistique. Le musée Pouchkine rejette sa proposition de don de 300 œuvres.

En 1989, en pleine Perestroïka, le ministère de la culture l’invite à déposer cette collection au musée national de Tsaritsyno et Andreï Erofeev est nommé à la direction d’un département « expérimental » de trois personnes pour travailler à la préfiguration d’un musée d’art contemporain alors inexistant en URSS. Avec son équipe, il organise nombre d’expositions de l’art non-conformiste en Russie et à l’étranger. Il crée le plus grand fond d’art contemporain non conformiste russe, stocké dans un bunker anti atomique et rassemblant plus de 2000 pièces : installations, objets, vidéos, ready-made, photographie plasticienne. Cette collection est présentée à la Galerie Tretiakov à Moscou qui ouvre en 2002 un département Nouvelles tendances dont Andreï Erofeev assure la direction jusqu’en 2008, date à laquelle il est limogé en raison de son exposition Art interdit 2006 au Musée Sakharov en 2007, consacrée aux nouvelles formes de censure dans la Russie post-soviétique, et est attaqué en justice par l’extrême-droite nationaliste.

Depuis il travaille en tant qu’expert, critique d’art, commissaire d’exposition en Russie et à l’étranger où il est reconnu depuis longtemps (cf son exposition SOTS ART. Art politique en Russie de 1972 à aujourd’hui à La maison rouge en 2007). En 2016, il est élu président de la section russe de l’association internationale des critiques d’art.

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