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Dans les murs

isdaT beaux-arts

Pascal Poyet

du 27 au 30 janv. 2015

workshops

workshop écriture option art, année 3 — salle 210 bis

Pascal Poyet
Poète, traducteur et éditeur. Depuis les années 1990, il diffuse son travail lors de lectures publiques performées et a publié plusieurs livres, dont, récemment : Draguer l’évidence et Linéature (Éric Pesty éd., 2011 et 2012) et Un sens facétieux (CIPM/Spectres familiers, 2012). Il a traduit de nombreux poètes américains contemporains dont deux livres de « poèmes parlés » de David Antin : je n’ai jamais su quelle heure il était et accorder (ed. Héros-Limite, 2008 et 2012). Cinéma du présent, sa traduction du livre de Lisa Robertson, Cinema of the Present, paraîtra début 2015. Il codirige les éditions Contrat maint qui publient des textes d’artistes et de poètes contemporains, des traductions et des essais.

workshop
« Chaque étudiant fera “ le choix des mots “, et le fera à l’intérieur de son travail. J’emprunte cette expression au philosophe Clément Rosset, et je l’entoure de guillemets parce que “ choisir les mots “ peut s’entendre de plusieurs façons… Choisir les mots, c’est choisir un mot plutôt qu’un autre. C’est écrire ou c’est dire : “ oui “ plutôt que “ non “, “ d’accord “ plutôt que “ oui “, “ d’abord “ plutôt que “ d’accord “, etc. Le choix des mots, dans ce sens, c’est le choix que nous avons.

Mais choisir les mots, c’est aussi prendre la décision de travailler avec les mots. C’est donc faire le choix d’une certaine économie et c’est questionner les interactions et les articulations propres au langage, langage écrit et langage parlé, et toutes celles que nous pourrions et allons inventer, ainsi que les façons de les rendre publiques, de les lire ou de les performer. Le choix des mots, dans ce cas, c’est le choix que nous faisons. » Pascal Poyet

Pascal Poyet : poète traducteur
« (…) à l’occasion de la publication de la traduction de mon livre je n’ai jamais su quelle heure il était. Je devais dire en anglais de nouveaux poèmes parlés, suivis d’une lecture de Pascal de poèmes qu’il avait traduits. Il y avait une foule nombreuse et très animée, composée pour la plupart d’artistes et d’écrivains. J’intervins donc avec plaisir, et cela se passa comme je l’attendais, puis je me disposai à écouter la lecture de Pascal. Et il se produisit quelque chose d’étrange. Je m’entendais parler dans un français fluide et familier qu’il m’aurait été impossible de pratiquer. Et pourtant les inflexions de la voix étaient bien les miennes. Pascal œuvrait dans une sorte d’action magique donnant une traduction d’une qualité inespérée, où chaque plaisanterie produisait les rires au bon moment et les moments plus sombres projetaient une ombre sur les coupes de sens caractéristiques de l’expérience que nous faisons du monde. Mais être poète c’est être magicien, Pascal est un poète magicien, battant les cartes de notre langage. De ce paquet une humeur joueuse peut faire sortir le joker parce qu’il est généralement d’humeur joueuse, mais d’un plus amère peut apparaître l’as de pique. En tant que poète magicien il pourrait se dire architecte et construire un château de cartes qui prendrait des airs de palace ou de forteresse et qu’un seul mouvement de poignet pourrait faire s’effondrer. Il pourrait composer un paysage avec un lac et en faire une nature morte où un crayon, une tasse, une cuillère se lieraient pour raconter une histoire s’érigeant comme un bâtiment ou volant en éclat comme un verre tombe d’une table. Pascal, raconte-moi une table, une mosquée ou un hôpital, par un été étouffant ou un hiver polaire, avec des pingouins et des mouvements de banquise meurtriers d’où les indigènes les plus âgés chanteraient, nous sommes heureux, nous sommes heureux de te quitter. N’oublie pas de laisser ta clé. » David Antin
(Traduction : hedg-e. Texte paru dans CCP, Cahier critique de poésie, n°24, 2012.)

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